ZFE : la suppression censurée, le statu quo s'impose
Le Conseil constitutionnel a censuré le 21 mai l'article de la loi de simplification de la vie économique qui prévoyait la suppression pure et simple des zones à faibles émissions. L'épisode a de quoi donner le tournis : des députés RN et Républicains avaient voté cette suppression, mais le Conseil a mis son veto. Résultat : les ZFE restent en vigueur dans les agglomérations concernées — Paris, Lyon, Marseille, Toulouse et les autres métropoles de plus de 150 000 habitants.
Concrètement, ça veut dire que les restrictions de circulation par critère Crit'Air continuent de s'appliquer. Les transporteurs qui livrent en zones denses doivent maintenir une flotte compatible, et certains ont déjà répercuté ce coût de renouvellement dans leurs grilles tarifaires.
Ce que ça veut dire pour toi : Si tu reçois des palettes en ZFE, vérifie le Crit'Air de tes transporteurs habituels avant la prochaine commande. Un refus de livraison en zone restreinte ou un surcoût « véhicule conforme » peut arriver sans prévenir.
Carburant : les aides aux transporteurs prolongées de trois mois
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le 21 mai la reconduction des dispositifs d'aide carburant pour les transporteurs routiers, pour une durée de trois mois supplémentaires. Les critères d'accès pourraient toutefois évoluer — le gouvernement travaille à un recalibrage du dispositif.
C'est une bonne nouvelle à court terme pour les prestataires de transport : leur pression sur les prix est temporairement contenue. Mais attention à l'après : si les critères se durcissent ou si l'aide n'est pas reconduite au-delà de ces trois mois, les hausses de tarifs de transport risquent d'être au rendez-vous dès la rentrée.
Ce que ça veut dire pour toi : Profite de cette fenêtre de stabilité relative pour verrouiller tes prix de transport jusqu'à fin août. Passé ce cap, anticipe une éventuelle répercussion carburant dans les révisions tarifaires de tes prestataires logistiques.
Forêt : 21 % des plantations 2025 en échec — la ressource bois sous pression
Le Département de la santé des forêts a publié le 21 mai son bilan des plantations 2025 : 21 % des plants n'ont pas survécu à leur première année en forêt. Ce chiffre national, suivi depuis 2007, traduit l'impact cumulé des stress climatiques — sécheresse, chaleur, parasites — sur le renouvellement forestier français.
À surveiller : ces échecs de régénération ne pèsent pas sur l'approvisionnement bois de cette saison, mais ils alimentent une tendance de fond. Le stock de bois français se reconstitue moins vite qu'il ne se consomme. Sur un horizon de 3 à 7 ans, la ressource disponible pour la palette bois — notamment résineux et feuillus utilisés en industrie — pourrait se resserrer, avec un effet potentiel sur les prix de la matière première.
Ce que ça veut dire pour toi : Pas de panique en 2026, mais à anticiper dans tes contrats pluriannuels. Un accord-cadre avec engagement de volume sur 12 ou 24 mois te protège mieux qu'un achat au spot si la ressource se tend.
En bref cette semaine
- Électrification des poids lourds : 21 recommandations de l'Assemblée — La mission flash présentée le 20 mai pousse à accélérer sur le camion électrique ; à terme, impact sur les coûts de transport longue distance.
- DAF simule les itinéraires pour aider au choix du camion électrique — Outil concret pour les transporteurs qui envisagent de passer à l'électrique sur certaines tournées de livraison.